Perte d’autonomie temporaire en résidence : doit-on déménager?

Lorsque vient le temps d’emménager dans une résidence pour personnes autonomes, l’inquiétude peut se manifester, tant chez les principaux intéressés que dans leur entourage : qu’arrivera-t-il le jour où l’autonomie de la personne sera diminuée à la suite d’une chute, d’une opération ou d’un trouble de santé? Devra-t-elle déménager?


La réponse courte : tant et aussi longtemps que la sécurité du résident ou de la résidente n’est pas en jeu, non. Comme l’explique Cristina Gangan, infirmière clinicienne au Marronnier, « une évaluation précède chaque admission dans une résidence pour personnes autonomes, et c’est principalement à ce moment-là que ça se joue. Une fois son installation chez nous, elle fait partie de la famille! On s’occupe d’elle. Et on veut qu’elle puisse y rester le plus longtemps possible. »


Pertes d’autonomie temporaires chez les personnes âgées : normales et fréquentes



Inévitablement, les personnes âgées risquent de présenter un trouble moteur temporaire à un moment ou à un autre. À la résidence, les chutes et les troubles de santé font partie du quotidien. Plusieurs stratégies sont mises en place en matière de prévention, et des protocoles rigoureux s’activent dès qu’une urgence survient. « On collabore avec différents intervenants et programmes, dont le programme PIED, qui offre de l’information pour prévenir les chutes. On explique aux résidents toute l’importance d’un environnement sécuritaire (éclairage optimal, pantoufles antidérapantes), et on les incite à marcher régulièrement et à faire de l’exercice pour renforcer les muscles et favoriser l’équilibre. »


Lorsqu’une chute survient, les proches aidants sont immédiatement avisés, et un protocole est mis en branle. Notre lien avec le système de santé est très bien établi : la résidence étant située juste à côté de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, la réactivité des premiers secours et la prise en charge du patient sont très rapides, et la collaboration avec le CLSC est bien ficelée.


La clé du succès : le travail d’équipe avec les proches aidants et le réseau public de la santé



Lorsqu’un trouble moteur temporaire se manifeste, on met tout en œuvre pour épauler le résident ou la résidente et maximiser ses chances de récupération. Pour que la personne soit bien encadrée, le mot d’ordre est collaboration. « Les bienfaits qu’apportent les aidants naturels et la famille proche sont énormes », affirme Mme Gangan. « Ils sont LA ressource la plus importante. L’aide aux tâches ménagères, aux courses et à la cuisine est essentielle pour une personne qui n’est pas en mesure d’accomplir ces tâches à la suite d’un incident de santé. Par leur présence, les aidants peuvent également encourager la personne concernée dans son rétablissement en l’aidant à marcher, par exemple. »


Le CLSC répond aux besoins non couverts par notre offre de service. « Le but est de répondre aux besoins des personnes qui connaissent une perte d’autonomie pendant quelques semaines ou quelques mois pour qu’elles n’aient pas à déménager. On analyse les risques de même que les besoins en matière d’hygiène, d’administration de médicaments et de ménage. On détermine l’aide dont la personne a besoin, et si elle n’a pas de famille proche, on fait appel à des bénévoles. Chaque cas est unique. »


À quel moment doit-on envisager de quitter une résidence pour personnes autonomes?


Après que tout a été mis en œuvre pour assurer le bien-être du résident ou de la résidente, si sa perte d’autonomie s’avère plus durable que prévu et que sa sécurité est compromise, le déménagement peut alors devenir une option. Mais cela ne survient jamais du jour au lendemain! Il s’agit plutôt d’une décision mûrement réfléchie, prise après plusieurs échanges entre les professionnels de la santé, la personne, ses proches aidants et le personnel de la résidence.



« Si la personne n’est plus en mesure d’activer la sonnette d’urgence dans son appartement, qu’elle ne peut plus se rendre seule aux toilettes ou qu’elle présente des troubles cognitifs dégénérescents, on va faire une évaluation de sa sécurité et faire appel à une travailleuse sociale qui va accompagner la famille dans la recherche d’une place adaptée à ses besoins. Généralement, les gens voient l’évolution de la santé de leur proche et font le même constat en même temps que nous. On travaille étroitement avec la Villa Ste-Rose, une résidence qui se spécialise dans la prise en charge d’aînés en perte d’autonomie. On va souvent suggérer au résident ou à la résidente et à sa famille de visiter cette résidence quand la situation s’y prête. Ils ne sont laissés à eux-mêmes à aucun moment! »


Pour éviter de déménager plusieurs fois, vaut-il mieux se tourner dès le départ vers une résidence offrant plus de soins?


Il pourrait être tentant et sécurisant de s’installer plus tôt dans une résidence offrant davantage de soins (résidence pour personnes en perte d’autonomie) pour éviter d’avoir à déménager. Par contre, plusieurs éléments sont à prendre en considération, comme l’aspect financier.


Nous croyons également que la vie active en communauté est favorable à la santé de nos résidents. Nous créons de façon proactive des activités qui contribuent à leur mieux-être et au maintien de leur bonne santé, afin de nous assurer qu’ils demeurent actifs, engagés et autonomes le plus longtemps possible. Il est prouvé que vivre dans un milieu stimulant prolonge l’autonomie chez les personnes âgées.


Notre règle d’or au Marronnier, c’est de tout faire pour que le résident ou la résidente soit bien dans son environnement le plus longtemps possible. La sécurité est notre priorité! Une fois qu’on vous accueille dans la famille, vous êtes là pour y rester.


Vous souhaitez déménager en résidence et avez des doutes quant à celle qui vous conviendrait? Consultez la définition des quatre types de résidences pour personnes aînées. À titre d’information, Le Marronnier est une résidence pour personnes autonomes.