Vieillir à la maison ou dans une résidence pour aînés : démystifier la vie en RPA

Résidence personnes âgées Mythes et réalité

« Je suis plus heureuse au Marronnier que je ne l’étais dans mon condo locatif », annonce Carole Benoit d’emblée, à peine l’entrevue commencée.

Et tout de suite, on sent que ce n’est pas une phrase en l’air : elle le dit avec la conviction tranquille de ceux qui savent exactement pourquoi ils ont fait le bon choix.

Carole habite au Marronnier depuis mai 2024. À 71 ans, elle avait envie d’une vie plus vivante, plus sociale, plus stimulante. « Il n’y avait pas assez d’activités pour moi. Il n’y avait pas assez de social pour moi », raconte-t-elle en parlant de son ancien logement à Laval.

Son arrivée au Marronnier a été un véritable coup de cœur, et aujourd’hui, elle parle de sa résidence comme de « son bonheur ». 

Alors, qu’est-ce qui rend cette vie si différente de ce qu’on imagine souvent? On revient sur les grands mythes de la vie en résidence, et sur la réalité que Carole expérimente au quotidien.

Mythe 1 : « En résidence, on perd son autonomie »

Pour Carole, c’est l’inverse qui s’est produit. La résidence n’a rien enlevé à son autonomie. Elle lui a simplement offert plus de possibilités.

« Moi j’aime mieux vivre en résidence plutôt qu’à la maison », nous confie-t-elle. « Parce que je fais beaucoup plus d’activité physique, j’ai des interactions avec des gens de tous âges, je fais beaucoup plus de choses ici. Quand j’étais dans mon condo, je n’étais pas aussi active. Franchement, pour ma santé mentale, la vie en résidence est un bon médicament. »

Crédit photo : Le Marronnier. Espaces extérieurs. 

D’ailleurs, et contrairement à certaines idées reçues, elle est arrivée au Marronnier alors qu’elle est encore en pleine forme, justement pour profiter de tout : les activités, les sorties, les services, les rencontres. Mais elle continue aussi de voir ses amis à l’extérieur, de sortir, de faire ses propres courses. 

En résidence ou non, c’est elle qui choisit son rythme, son horaire, ses journées.

Mythe 2 : « La résidence, c’est juste pour les gens malades ou en marchette »

Au Marronnier, on croise un peu de tout : des résidents qui marchent vite, qui vont au gym, qui aiment danser… d’autres qui prennent leur temps, certains avec une canne, d’autres sans. Certains veulent parler à tout le monde, d’autres préfèrent lire dans un coin, tranquille, ou rester dans leur appartement.

Crédit photo : Le Marronnier. Salle d’exercices. 

Carole, elle, fait partie des personnes très actives :

« Je joue au bowling, à la pétanque, je fais du bénévolat… Tous mes amis de l’extérieur sont aussi venus me voir à la résidence. Je les invite à souper, ou à prendre un petit verre. Mais je sors aussi à l’extérieur ! »

Et bien qu’il y ait des résidents de tous âges, la majorité des résidents qu’elle côtoie au Marronnier sont actifs.

Et surtout : ils ont envie de profiter de la vie.

Mythe 3 : « La vie en résidence, ça coûte trop cher »

La question du prix revient fréquemment lorsque vient le moment d’envisager la vie en RPA. Carole, elle, a fait ses calculs, et la vie en résidence est un choix bien plus économique. 

« Je ne peux pas dire que la vie en résidence ne coûte pas cher, mais sincèrement, ça me coûte moins cher de vivre au Marronnier que quand je demeurais dans mon condo », nous dit-elle. « Car maintenant j’ai non seulement une aide du gouvernement pour vivre en résidence, mais en plus j’ai des services gratuits directement sur mon lieu de vie ! »

Crédit photo : Le Marronnier. Salle à manger de la résidence. 

En additionnant tout ce qu’elle payait avant (loyer, transport, activités, sorties), la résidence n’est pas plus chère que sa vie d’avant.

« Tout ce que je devais payer de ma poche avant, je l’ai maintenant sur place : le bingo, le bowling, la pétanque, le gym, la piscine… tout ça c’est gratuit. Les billets de spectacles sont moins chers, j’ai fait la comparaison. Et puis, je n’ai pas besoin de prendre ma voiture autant qu’avant, alors ça me coûte moins cher en essence.

Donc, oui, la vie est chère. Mais honnêtement, ça me coûte moins cher de vivre ici. »

« Avant de déménager au Marronnier, j’ai demeuré quatre ans dans un condo locatif. J’ai amené l’intégralité de mes meubles du condo au Marronnier. »

Son appartement reflète donc sa personnalité à 100%. 

« Tout ici est à moi : mes meubles, mon lit, mes électros… même mon arbre de Noël que j’ai depuis huit ans! Il n’y a pas deux appartements qui se ressemblent, car chacun a des goûts différents. »

La résidence n’a pas effacé son chez-elle. Elle lui en a simplement offert un nouveau, à son image, dans un environnement où tout est plus simple et chaleureux.

Mythe 5 : « La vie en résidence est triste et monotone »

Carole éclate presque de rire quand on lui pose la question.

Entre le bénévolat, les spectacles, les fêtes du mois, le journal animé, les jardins intérieurs et les sorties, ses semaines sont bien remplies.

« Le matin, je descends, je vais dire bonjour à tout le monde. Les bonjours, les sourires… C’est mon bonheur ! », dit-elle avec enthousiasme. 

« La résidence organise aussi toutes sortes d’activités pour nous ! Par exemple, les Fêtés du mois : tous les mois, on fête les anniversaires du mois. On a de la musique, de la danse, un petit gâteau et un verre de vin, tout ça gratuitement ! Et en décembre, pour les 30 ans du Marronnier, la résidence nous a offert un beau spectacle en cadeau ! »

« Et puis, on se met toujours beau quand on sort ou qu’on fait des activités », ajoute-t-elle en riant.  

Crédit photo : Le Marronnier. Espace de bowling. 

Cela dit, Carole nous rappelle qu’on n’est jamais obligé de tout faire. 

Au Marronnier, chacun peut vivre à son rythme. Il y a des résidents qui participent à tout, d’autres qui préfèrent observer, lire, peindre, marcher. Personne n’est obligé de faire quoi que ce soit, et le lieu est assez vaste pour accueillir tous les rythmes.

Ce qui compte, c’est de choisir ce qui nous fait du bien.

Et si la résidence était un cadeau pour tout le monde?

« Ma petite fille, qui a déjà 19 ans, m’a dit : Mamie, moi j’aimerais ça travailler ici! », nous confie-t-elle, avec un petit rire. 

Ses petits-enfants viennent la visiter, découvrent les espaces communs, se promènent dans le jardin intérieur. La résidence devient un lieu de rencontres, de rires, de moments partagés, pas un endroit triste ou fermé. 

« Je remarque aussi qu’on est tellement fiers de présenter nos familles aux autres résidents ! Peut-être parce que les gens du Marronnier deviennent un petit peu la famille aussi, et on veut que la famille rencontre la famille », ajoute-t-elle, pensive. « Alors on rencontre les familles des uns et des autres, on connaît leurs petits-enfants… C’est tellement sympathique ! »

Et pour la famille de Carole, savoir qu’elle est entourée, active et heureuse… ça change tout. « Mes enfants me disent tout le temps : Maman, il faut qu’on prenne rendez-vous avec toi maintenant quand on veut t’appeler. Tu es tout le temps occupée ! »

Bien choisir sa résidence

Pour Carole, le Marronnier est un véritable coup de cœur. Mais ce n’est pas un hasard. Avec déjà deux sœurs en RPA, elle savait ce qu’elle voulait : un endroit vivant, chaleureux, rempli d’activités, à Laval, avec une atmosphère qui lui ressemble. Et dès sa première visite au Marronnier, ce fut un coup de cœur instantané.

« Je suis allée visiter Le Marronnier, j’ai discuté avec un agent, puis je me suis dit : ok, c’est ici que je veux vivre ». 

Mais ça a quand même pris 9 mois d’attente avant d’obtenir un appartement : « Dès qu’on m’a appelée, j’ai pris le premier appartement qu’on m’a proposé. Et c’est un bonheur! J’ai un très bel appartement, bien situé, pas de bruit… On peut dire que les choses se sont très bien arrangées pour moi. »

Car certains de ses amis sont encore sur la liste d’attente. 

« Franchement, vaut mieux s’y prendre tôt! », prévient-elle. « Même quand on est encore actif. Surtout quand on est encore très actif. »

Carole, elle, n’a pas attendu d’être en perte d’autonomie. Elle a choisi de déménager pendant qu’elle avait encore l’énergie de se refaire une vie. Et elle a même rencontré son nouvel amoureux au Marronnier!

Vivre en résidence : le début d’une nouvelle vie

Carole nous rappelle que la vie en résidence peut être très éloignée de l’image que l’on s’en fait. Et son témoignage nous aide à découvrir une réalité plus colorée, plus vivante, plus humaine. 

Elle conclut notre rencontre avec une phrase pleine de sagesse : « Je crois qu’il nous revient de trouver notre bonheur là où nous sommes. Mais une chose est sûre, si tu ouvres la porte du Marronnier, tu ne t’en vas plus de là. »

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